quarta-feira, 24 de maio de 2006

Bonjour tristesse

CINECINEMA CLASSIC, 22 h 10

par Louis SKORECKI

C'est le film que ferait le jeune Beigbeder s'il faisait un film. Il ne serait pas aussi beau, mais ce ne serait pas de sa faute. Pas de sa faute ? Ça y est, vous êtes largués. Ce n'est pas que Beigbeder n'ait pas le talent de Sagan (ou le génie de Preminger), c'est une question de date. Bonjour tristesse, chef-d'oeuvre solaire et glacé, illuminé par la présence glacée, glaçante, de la sublime Jean Seberg, hystérisée par la direction glaciale et solaire d'Otto Preminger, et par le Technicolor glaçant de Georges Périnal, a été tourné en 1957.

1957 ? Non, ça ne vous dit rien. Faut-il vous rappeler qu'entre 1955 (la trahison télé d'oncle Alfred) et 1959 (Rio Bravo, où Hawks prend congé), le cinéma, en tant que c'est encore du cinéma, se fait la paire. Un art d'usine aussi beau, ce n'est pas donné à vie. La vie, vous connaissez ? Décidément, je ne m'en sortirai pas. Heureusement que le papier est en deux parties. J'ai encore cinq ou six jours pour potasser. Pour parler de David Niven, le sosie hétéro de Daney (lui se voyait mieux en Dana Andrews, ou en Serge Reggiani), de Deborah Kerr (Elle et Lui), de Mylène Demongeot, de la musique cristalline de Georges Auric. Et de Frédéric Beigbeder, bien sûr. Vous vous demandez ce qu'il vient faire ici. N'insistez pas, je ne dirai rien.

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