terça-feira, 16 de maio de 2006

French Cancan

par Louis SKORECKI

TPS CINECLUB, 21 H.

Dans ce film académique, Renoir revient sur sa seule passion, l'amour du théâtre, et surtout l'amour de l'amour, sa petite faiblesse, son point mou. Drôle de type, ce Renoir. Ancien aviateur, blessé en 14-18, (il en gardera une légère claudication), élevé dans une famille de grands bourgeois avec les amis et les clients de son père, il a de curieux dédoublements de personnalité quand lui prend l'envie de se prendre pour autre, un prolo, dont il reproduit les manières, la gouaille, l'accent. Cet art schizoïde, il ne l'explorera qu'en 1959, dans un superbe film tourné à plusieurs caméras, pour la télé, le Testament du Dr Cordelier, sa version perso de Dr Jekyll et Mr Hyde.

Au moment de French Cancan (1955), Renoir a 61 ans. On l'imagine plus vieux. C'est qu'on oublie qu'il n'a pas fait de films entre le Caporal épinglé (1962) et le Petit théâtre de Jean Renoir (1970), et qu'il meurt sans avoir tourné pendant près de dix ans. French Cancan parle d'une drôle de vieillesse, une vieillesse de jeune homme. C'est l'histoire d'un patron de cabaret (un metteur en scène de cinéma ou de théâtre aurait été plus rigolo), qui se partage entre ses spectacles et ses amours. Les acteurs principaux (Jean Gabin, Françoise Arnoul, María Félix) sont bien, sans plus. Giani Esposito est un peu mieux, mais ce sont les seconds rôles (Philippe Clay, Dora Doll, Jacques Jouanneau, Edith Piaf, Patachou), qui évitent que French Cancan ne sombre dans la guimauve sentimentale. Renoir était-il un grand baiseur, on aimerait savoir. A voir ses films tardifs, on en doute.

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