terça-feira, 9 de maio de 2006

La Forêt interdite

par Louis SKORECKI

TCM, 20 h 45

Dans ce beau film de Ray, je ne vois que lui. C'est Peter Falk, c'est Columbo, c'est mon héros. Il joue ici un méchant. Oeil de verre, allure sombre, il est irrésistible. On dira que j'exagère, et on n'aura pas tort. Tout dans la Forêt interdite est plus beau que Peter Falk, à commencer par les oiseaux multicolores des Everglades qui servaient à décorer les chapeaux des élégantes. On est en 1905, le film est de 1958. L'art d'usine brûle ses dernières cartouches avec un art inouï de la pyrotechnie. Le pitch ? Un militant écolo avant l'heure (Christopher Plummer) essaye d'empêcher le trafic des plumes et le massacre des oiseaux. Il traque une bande de trafiquants dont le chef est Burl Ives, gros oiseau préhistorique, dernier survivant des dinosaures des marais.

1958, l'année de Rio Bravo. Entre 1958 et 1960, on trouve au hasard : Un roi à New York, Un trou dans la tête, Lola, Diamants sur canapé, la Dolce Vita, Gideon of Scotland Yard, The Crimson Kimono, A bout de souffle, la Mort aux trousses, le Fleuve sauvage, le Tigre du Bengale, la Rue de la honte, Bonjour, Soudain l'été dernier, Deux Hommes dans Manhattan, la Brune brûlante, Comme un torrent, Mirage de la vie, Autopsie d'un meurtre, Fearmakers, le Monde d'Apu, le Testament du Dr Cordelier, le Signe du Lion, Mon Oncle, les Nus et les Morts, Rocco et ses frères, Comanche Station, la Diablesse en collant rose, Pickpocket, Gare centrale, le Trou, Nazarin. 1958-1960, les trois dernières années du cinéma, en tant que c'est encore du cinéma.

Dans la bande de primitifs exaltés menés par Burl Ives, des fous, des bandits, au moins aussi exaltés que l'écolo qui les poursuit, un homme me regarde d'un oeil. C'est lui, Peter Falk. Encore douze ans et il sera Columbo, le flic à l'imperméable. Steven Bochco apprendra son métier avec lui, David Kelley fera de même chez Bochco. Bientôt Boston Public. Le cinéma continue. L'honneur du cinéma est sauf.

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