terça-feira, 30 de maio de 2006

Montana Belle (2)

par Louis SKORECKI

CINECINEMA CLASSIC, 7 h 10

C'était jeudi dernier. On parlait de la plage émeraude de Montana Belle, du procédé Trucolor, le moins true du monde, de ces cavaliers qui arrivent au loin comme dans Moonfleet. Ne pas oublier la chanson de Portia Nelson. Délicieuse, désuète, presque une chanteuse d'opérette. Chercher chez DRG un album de ballades, Love Songs for a Late Evening, enregistré en 1952, l'année du film. Allan Dwan était électricien à Hollywood, en 1908 ou 1909, avant de devenir réalisateur. Il riait beaucoup. Il est mort à cent ans. Cela suffit-il à faire de lui un grand cinéaste ? Bien sûr que non. Mais, quand il filme Jane Russell (dans le rôle de Belle Star), on est dans le territoire Griffith, celui des filles innocentes, des filles perdues du jardin d'Eden. On sait que c'est fichu. C'est si beau quand on sait que c'est l'aube du monde et que c'est déjà fichu. Dwan filme les yeux de ces filles-là, farouches, perdues, comme personne. Pas besoin de zoom ou de gros plan, il filme les yeux de loin, lui. Si loin, si près. Quand Jane Russell apparaît sur son cheval, ses yeux lancent des éclairs noirs, on sait que c'est fichu. Sans ses seins qui ont envoûté Howard Hughes, ses superbes seins de Macao (Sternberg, 1952, l'année de Montana Belle), elle traverse l'espace Dwan en reine, en amazone. Bientôt, elle sera dans Les hommes préfèrent les blondes (Hawks), l'Ardente Gitane (Ray) et The Revolt of Mamie Stover ­ le plus beau Walsh, ce n'est pas rien.

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