quinta-feira, 25 de maio de 2006

Montana Belle

CINECINEMA CLASSIC, 22 h 40

par Louis SKORECKI

Certains films font appel à l'intelligence du spectateur. Ils peuvent l'anéantir en deux secondes. Tu regardes la plage émeraude de Montana Belle, tu t'étourdis de la photo délavée de l'obscur Jack Marta, du procédé Trucolor, le moins true du monde, le moins vrai. Tu vois ce groupe de cavaliers qui arrivent au loin, tu sais que Gauguin aurait filmé comme ça. Comment tu le sais? Tu le sais. Ne me dis pas que tu ne connais pas Dwan? Tu n'as aucune excuse après la superbe rétrospective à la Cinémathèque, avec le beau livre illustré, explicatif et tout. J'ai connu Dwan à Hollywood, en 1963. J'ai eu cette chance. Il est mort à 100 ans, ou presque. Il est l'égal de Griffith, de Walsh. Il est meilleur que Hawks. Tu ne me crois pas? M'en fous. Sors de ma chronique. Ce papier n'est pas pour toi.

Dwan a commencé comme électricien. Il tirait les câbles, des trucs comme ça. C'était les années 10. Oui, oui, 1910. Un matin, le metteur en scène n'est pas venu. Malade. «Qui veut diriger le film?» a crié quelqu'un. «Alors, qui se décide?» Le jeune Dwan a dit : «Moi, je veux bien.» C'était ça, cinéaste. Juste contremaître, chef de travaux, régisseur. Dix ans plus tard, en 1921, le petit Dwan dirigeait Barrymore dans Robin des bois. Triomphe muet. «Un connard m'a planté une flèche dans le cul, disait Dwan en riant. Personne ne savait tirer à l'arc sur ce film à la con

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