segunda-feira, 22 de maio de 2006

In the Mood for Love

ARTE, 20H40

par Louis SKORECKI

Les films tiennent moins la route que les concepts. In the Mood for Love vaut moins que les chansons d'amour sur lesquelles il se fonde, ce mièvre refrain d'images (ils se ratent toujours, c'est ça?). Disons que c'est moins bien que Pretty Woman ou Frankie and Johnny du crooner d'images Gary Marshall. Côté concept, le programme Wong Kar-waï n'est rien d'autre que le monde envisagé comme un jeu de Lego, avec le côté laqué des briques en guise de rouge aux joues. Les personnages sont des briques, OK?

Certains jours de pluie, on appelle ça le système Haribo, du nom des petits crocos à croquer aux couleurs synthétiques, dont l'aspect importe plus que le goût. Un Haribo, une femme de synthèse, une star synthétique. On a les stars qu'on mérite, musique Haribo comprise. In the Mood for Love s'éclaire par le bas, niveau petit cul moulé dans une jupe étroite, qui passe à peine dans des couloirs plus étroits encore, plus anorexiques. Quand le couloir est plus serré que les fesses qui s'y pressent, par où pénètre le regard du spectateur? Pour ceux qui s'intéressent à la généalogie Wong Kar-waï plutôt qu'aux préliminaires du film, chercher chez les nouveaux maniéristes (Bruno Dumont, Ozon, Tarentino), disciples sous-doués du grand Michael Powell. Voir mais ne pas toucher, c'est ce que dit Wong Kar-waï à ceux qui se touchent rien qu'à y penser, sur un boléro de Nat King Cole. Sinistre.

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