segunda-feira, 22 de maio de 2006

"Par quel étrange paradoxe Le Caïman, qui est moins personnel que Je suis un autarcique (1976), moins drôle que Sogni d'Oro (1981), moins virtuose que Palombella Rossa (1989), moins émouvant que Journal intime (1993) ou moins romanesque que La Chambre du fils (2001), se révèle-t-il le film le plus fort réalisé à ce jour par Nanni Moretti ? La réponse à cette question tient, par-delà les nombreux fils que le film entremêle avec maestria, au défi fondamental qu'il relève et remporte : montrer pourquoi l'Italie, ce pays à tous égards béni des Dieux, produit régulièrement une toxine apparentée de près ou de loin au fascisme. Davantage qu'au match personnel et tant attendu Moretti-Berlusconi, c'est bien à cette question collective que Le Caïman (sorti en salles lundi 22 mai) s'affronte, avec un génie qui le range parmi les rares oeuvres de cinéma parvenant à donner corps à cet ineffable qu'on nomme l'âme nationale."

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